Eau

Le 24 novembre 2011, la FNAB, le GAB ile-de-France, avec le soutien de l'AESN et de la Région Idf, ont organisé un colloque sur la protection de la ressource en eau par l'AB. L'occasion de valoriser des actions et expérimentations de terrain et de questionner les élus sur leurs volontés et capacités politiques de réussir ce défi.


Les pistes d’actions évoquées lors de la seconde table ronde montrent que les collectivités territoriales, les Agences de l’eau, les politiques ont la capacité à favoriser le développement de l’agriculture biologique. « La volonté politique, c’est vouloir s’impliquer dans la dynamique territoriale » a rappelé Franck Michel. A ce propos, les intervenants ont été unanimes : rien n’est possible sans volonté politique affirmée.

Philippe Fleury, ici avec le micro, enseignant chercheur à l’ISARAR confirme qu’une zone à enjeu eau nécessite un engagement d’efficacité pour les agriculteurs, la réglementation et la certification sont des assurances pour la qualité de l’eau.

L’ARF et plusieurs régions française planchent sur la contractualisation, l’écoconditionnalité et la rémunération des services environnementaux de l’agriculture biologique « des budgets faramineux sont consacrés à la dépollution alors que le service public de l’eau n’est pas de qualité. On réfléchit actuellement à une rémunération des bonnes pratiques pour une véritable prise de conscience des agriculteurs » affirme Lionel Roucan, représentant de l’ARF et vice-président du conseil régional d’Auvergne (ici à la droite de P.Fleury). Jacques Perreux, conseil régional d’Ile de France souligna le pas franchi et l’engagement politique fort de la région Ile de France vis-à-vis de l’agriculture biologique en déposant à Bruxelles un projet d’aide financière visant la reconnaissance du service environnemental de l’agriculture biologique.

Jacques Perreux reprenant le chiffrage de Raoul Leturcq et du CGEDD rappel que contrairement à la dette publique qui elle nous laisse des infrastructures routières, des lycées, etc. il faudra traiter la pollution avec en plus des problèmes de santé publique !

Selon les politiques présents, les attentes de la société vis-à-vis du monde agricole sont de plus en plus fortes et les agriculteurs conventionnels vont devoir rendre des comptes au regard des sommes injectées en France par la Politique Agricole Commune (plus de 11 milliards d’€/an soit 1/6 du budget de la PAC) et du contrat social dans lequel ils s’engagent en acceptant ces aides publiques. Contrat social que les agriculteurs ne respectent pas selon Benoît Biteau, administrateur de l’Agence de l’eau Adour-Garonne et vice-président de la région Poitou-Charentes. Les 150 captages abandonnés en Poitou-Charentes ces dix dernières années, la menace qui pèse sur la pêche, l’ostréiculture et les autres activités marines liée au manque d’apport d’eau douce en saison estivale et à la pollution des eaux par les activités agricoles l’atteste.

Selon Benoît Biteau « il est urgent d’identifier les pratiques agricoles vertueuses » ajoutant que « seule l’agriculture biologique pourra relever les défis de la qualité de l’eau, de la biodiversité, du respect de la santé de nos enfants, de l’agronomie et du changement climatique ».

Propos relayé par Franck Michel qui met en garde les agriculteurs et leur conseille d’anticiper la sanctuarisation obligatoire des AAC pour cause de santé publique.

Bernard Rousseau demande de son côté une réforme de la LEMA, l’évolution de la notion de représentation dans les instances de bassin, l’inscription et le financement du développement de l’agriculture biologique dans les zones de captage.

Claire Grisez du MEDDTL rappelle les objectifs du Ministère de l’environnement vis-à-vis du développement de l’agriculture biologique sur les captages grenelle et réaffirme la volonté de ce dernier d’aller au delà des captages Grenelle ajoutant qu’à ses yeux l’AB est bien l’un des modèle agricole qui participe à la reconquête et à la préservation de la qualité de l’eau.


voir l'intervention de Claire Grisez en vidéo

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La FNAB pour autant rappel que l’engagement de l’Etat et des collectivités n’est pas suffisant aujourd’hui, aussi le cahier propositionnel présenté l’après midi aux représentants des principaux candidats au présidentiel demande une politique plus ambitieuse dans l’intérêt de la société et notamment l’amélioration et la préservation de la qualité de l’eau ! Nous ne sommes pas issus de 50 ans d’histoire agricole pour changer d’un coup de baguette magique. Mais, l’agriculteur est un pragmatique, il sera changer si son intérêt surtout économique est au rendez vous de la demande liées à l’amélioration de la qualité de la ressource en eau, conclut Raoul Leturcq, administrateur de la FNAB et référent sur l’eau.
 

>> voir les interventions introductives au colloque ici

>> voir la première table ronde "la preuve par le terrain" ici